Le télescope spatial Kepler est l'une des missions les plus emblématiques de la NASA. Lancé en mars 2009, il avait un objectif clair : détecter des exoplanètes, c'est-à-dire des planètes situées en dehors de notre système solaire. Pour cela, il utilisait une méthode appelée méthode des transits, qui consiste à mesurer la baisse de luminosité d'une étoile lorsqu'une planète passe devant elle. Ce travail de fourmi a permis d'identifier des milliers de mondes lointains, bouleversant notre compréhension du cosmos.
Une mission spatiale qui a changé notre vision de l'univers

La méthode du transit

Les données sur les transits sont riches en informations. En mesurant l'ampleur de la baisse de luminosité et en connaissant la taille de l'étoile, les scientifiques peuvent déterminer la taille ou le rayon de la planète. La période orbitale de la planète peut être déterminée en mesurant le temps écoulé entre les transits. Une fois cette période orbitale connue, la troisième loi de Kepler sur le mouvement planétaire peut être appliquée pour déterminer la distance moyenne de la planète à ses étoiles.
Comment Kepler détectait les exoplanètes ?
Le principe de la méthode du transit est simple mais extrêmement puissant. Lorsqu'une planète passe devant son étoile (vue depuis la Terre), elle bloque une infime partie de la lumière émise. Ce passage provoque une légère baisse de luminosité de l'étoile, généralement de l'ordre de moins de 1 %.
Kepler observait en continu la lumière de plus de 150 000 étoiles. Chaque fois qu'une variation régulière et répétée était détectée, cela pouvait indiquer la présence d'une planète en orbite. En analysant la fréquence, la durée et l'intensité de ces baisses, les scientifiques pouvaient en déduire :
- La taille approximative de la planète
- Sa distance par rapport à l’étoile
- Sa période orbitale (la durée d'une année sur cette planète)
Cette méthode a été choisie pour Kepler car elle permet d'observer de très nombreuses étoiles en même temps, avec une très grande précision. Elle est cependant limitée : pour détecter un transit, la planète doit passer exactement entre son étoile et le télescope. C’est pourquoi Kepler a dû surveiller des centaines de milliers d’étoiles pour trouver quelques milliers de transits.
Histoire complète de la mission Kepler
Le projet Kepler remonte au début des années 1990. À cette époque, l'idée qu'il puisse exister d'autres planètes similaires à la Terre n'était encore qu'une hypothèse. Les premières exoplanètes furent découvertes en 1992, mais il manquait un outil dédié exclusivement à leur recherche : un œil qui scruterait l’espace pendant plusieurs années sans relâche.

C'est dans cette optique que la NASA lance le développement du télescope Kepler, baptisé en hommage à Johannes Kepler, astronome du XVIIe siècle connu pour ses lois sur les mouvements planétaires. Le satellite est équipé d’un photomètre d’une sensibilité exceptionnelle, capable de détecter la moindre variation de lumière provenant d’une étoile, signe potentiel du passage d’une planète.
Le 7 mars 2009, Kepler est lancé depuis Cap Canaveral à bord d’une fusée Delta II. Il est placé en orbite autour du Soleil, et non de la Terre, ce qui lui permet de rester stable et de fixer en continu un même champ d’étoiles pendant plusieurs années.

Pendant ses quatre premières années, Kepler observe une région du ciel située dans la constellation du Cygne. Il suit plus de 150 000 étoiles en permanence. Chaque baisse de luminosité potentielle est analysée, confirmée, et étudiée. C’est ainsi que Kepler découvre des milliers de candidats exoplanétaires, dont une grande partie seront confirmés par des observations complémentaires au sol ou par d'autres télescopes spatiaux.

En 2013, un incident technique majeur survient : deux de ses roues de réaction, essentielles pour le positionnement précis du télescope, tombent en panne. La mission telle qu’elle était prévue doit être arrêtée. Mais les ingénieurs de la NASA trouvent une solution ingénieuse : utiliser la pression du rayonnement solaire pour stabiliser l’engin. Ainsi naît la mission K2, une seconde phase de Kepler qui se concentre sur l’observation de champs d’étoiles différents, plus petits, mais avec la même méthodologie.
Grâce à cette deuxième vie, Kepler poursuit ses découvertes jusqu’à octobre 2018, date à laquelle il épuise définitivement son carburant. À ce moment-là, il a permis de confirmer plus de 2 600 exoplanètes, et plus de 3 000 candidats restent encore à analyser.
Kepler a aussi permis de découvrir des planètes de tailles variées : des géantes gazeuses, des super-Terres, et même des planètes potentiellement habitables situées dans la « zone habitable » de leur étoile. C’est notamment grâce à lui que nous savons aujourd’hui que les planètes sont plus nombreuses que les étoiles dans notre galaxie.
Quelques chiffres clés
Un projet né de la passion
Chez Tout Savoir sur l'Espace, nous avons décidé de faire vivre l'héritage de Kepler à travers une série de produits pensés pour être à la fois éducatifs, inspirants et accessibles. Chaque article est conçu avec soin, pensé pour transmettre la beauté de l'exploration spatiale.